Protection des mineurs : la Commission européenne ouvre une enquête formelle contre Snapchat

Bruxelles passe à l’offensive. Jeudi 26 mars 2026, la Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une procédure visant Snapchat. Le réseau social est soupçonné de manquements graves à ses obligations de sécurité envers les plus jeunes, dans le cadre du Règlement sur les Services Numériques (DSA).

Un réseau sous haute surveillance

Avec 97 millions d’utilisateurs dans l’UE (dont 28 millions en France), Snapchat est un acteur incontournable du quotidien des adolescents. Pourtant, l’exécutif européen craint que la plateforme ne soit devenue un terrain fertile pour des risques majeurs : tentatives de manipulation, recrutement criminel et exposition à des produits illégaux (drogues, alcool, cigarettes électroniques).

“Snapchat semble avoir négligé que le DSA exige des normes de sécurité élevées. Nous examinerons de près leur conformité”, a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du numérique.

Les 5 points noirs de l’enquête

L’enquête européenne se concentre sur cinq piliers critiques où les dispositifs de Snap Inc. sont jugés “insuffisants” :

1. La vérification de l’âge

Le système actuel repose sur une simple auto-déclaration. Bruxelles estime que ce mécanisme ne permet ni d’exclure les moins de 13 ans, ni d’adapter l’expérience pour les mineurs de moins de 17 ans.

2. Les contacts malveillants et le “Grooming”

La Commission soupçonne des failles permettant à des adultes de falsifier leur âge pour entrer en contact avec des mineurs à des fins d’exploitation sexuelle ou de recrutement criminel.

3. Des paramètres par défaut trop permissifs

Contrairement aux directives de 2025, Snapchat proposerait des comptes dont la confidentialité n’est pas maximale par défaut (suggestions d’amis automatiques, notifications intrusives).

4. La vente de produits interdits

Les outils de modération de la plateforme échoueraient à bloquer la diffusion de contenus liés au trafic de stupéfiants ou à la vente de vapoteuses et d’alcool aux mineurs.

5. Des mécanismes de signalement complexes

L’UE pointe du doigt l’utilisation potentielle de “dark patterns” (interfaces trompeuses) rendant le signalement de contenus illégaux difficile et peu convivial pour les jeunes utilisateurs.

Vers des sanctions lourdes ?

L’ouverture de cette enquête permet à la Commission d’exiger des inspections et des entretiens approfondis. Si les manquements sont confirmés, Snapchat pourrait être contraint de modifier radicalement son interface ou de s’acquitter d’amendes significatives.

Cette action est largement soutenue en France par l’Arcom, qui salue une “détermination à protéger les mineurs dans l’ensemble de l’espace européen”.

De son côté, un porte-parole de Snapchat a assuré que l’entreprise allait “coopérer pleinement”, affirmant que la sécurité reste une priorité historique du groupe.

Protection des mineurs : la Commission européenne ouvre une enquête formelle contre Snapchat

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